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Canadian Centre for
Swine Improvement Inc.

Le G�ne IGF2 (Insulin-Like Growth Factor 2)

pour contr�ler le Rendement en Maigre et l�Uniformit�.

 

Yuefu Liu, CCAP, Septembre 2003

 

 

Le g�ne IGF2 et ses fonctions physiologiques

 

Le g�ne �Insulin-like growth factor 2� (IGF2) joue un r�le important dans la croissance des mammif�res, en influen�ant la division et la diff�renciation des cellules f�tales et la croissance musculaire postnatale.

Il a �t� cartographi� � l�extr�mit� distale du chromosome 2. IGF2 est un g�ne � effet d�empreinte, � expression paternelle, en d�autres termes seul l�all�le du p�re s�exprime dans la descendance. Ce mode de transmission par empreinte a �t� document� dans plusieurs �tudes.

 

Les effets b�n�fiques de l�hormone de croissance (Growth Hormone � GH) sur la carcasse des porcs sont connus depuis longtemps. La GH n�agit pas directement sur les cellules musculaires mais agit plut�t comme un interm�diaire dans une s�rie de signaux hormonaux qui acc�l�rent la croissance (Meadus, 2000). L�alt�ration d�un seul de ces g�nes endocrines ou des g�nes codant pour leurs r�cepteurs respectifs peut modifier la croissance. IGF2 est l�un des interm�diaires dans le cycle endocrine de l�hormone de croissance.

 

Le g�ne IGF2 est un g�ne majeur pour la croissance du tissue maigre et la composition du tissue gras.

 

D�apr�s sa fonction physiologique, IGF2 est consid�r� comme un g�ne candidat pour un locus � effet quantitatif (QTL) affectant l�adiposit� chez le porc. Les effets importants du g�ne IGF2 sur la proportion de tissu maigre et l��paisseur de gras dorsal des porcs ont �t� d�tect�s dans plusieurs �tudes.

 

Un croisement entre le sanglier et le Large White domestique a �t� utilis� � des fins de d�tection de QTL par Andersson-Eklund et al. (1998). Un locus � effet quantitatif (QTL) sur le bras court du chromosome 2 ayant un effet mod�r� sur la masse musculaire a �t� d�tect� en utilisant un mod�le conventionnel d�h�r�dit� mend�lienne. Jeon et al (1999) ont analys� les donn�es de nouveau en testant la pr�sence d�un effet d�empreinte. Un QTL � effet d�empreinte (� expression paternelle) a �t� d�tect� � l�extr�mit� distale de SSC2p, avec des effets importants sur la proportion de tissu maigre dans le jambon, et expliquant 30,6% de la variance ph�notypique r�siduelle de la population F2. Des effets importants de la m�me r�gion sur la surface muscle longissimus dorsi, le poids du Coeur et l��paisseur de gras dorsal ont �galement �t� mis en �vidence. Ce QTL important explique 15,4% de la variance ph�notypique de la surface du muscle longissimus dorsi, 14% du poids du c�ur, 10,4% de l��paisseur de gras dorsal. Les r�sultats ont montr� que le QTL � expression paternelle se trouvait au m�me endroit que le g�ne IGF2. Ajout� au fait que le g�ne et le QTL ont tous les deux un effet d�empreinte, cela fait d�IGF2 un candidat possible pour l�effet du QTL. L�all�le Large White au QTL li� � IGF2 est associ� � une masse musculaire plus importante et une �paisseur de gras dorsal plus faible. Il est � noter que QTL n�a pas d�effet sur le gras abdominal.

 

Nezer et al. (1999) ont �tudi� un croisement entre les races Large White et Pi�train, avec 1032 descendants F2. La d�tection de QTL bas�e sur l�exp�rience a permis de d�tecter un QTL hautement significatif � l�extr�mit� distale du bras court du chromosome 2, influen�ant les performances de carcasse (% de morceaux maigres, % de jambon et % de longe) et le d�p�t de gras (�paisseur de gras dorsal, % de gras dorsal, et % de morceaux gras). Une analyse de s�quence (Nezer et al.1999) a montr� que le g�ne IGF2 co�ncide avec la position du QTL � large effet d�tect� � l�extr�mit� distale du chromosome 2p, et tout � fait dans l�intervalle de confiance � 95%. Nezer (1999) a �galement analys� le muscle squelettique et le cDNA h�patique de foetus porcins �g�s de 10 jours, et a montr� l�empreinte d�IGF2 dans ces tissus chez le porc mais aussi chez l�homme et la souris. Les r�sultats des analyses de d�tection de QTL de Nezer et al. (1999) bas�s sur les donn�es IGF2 ont �galement confirm� l�existence d�un effet d�empreinte � expression paternelle pour le QTL � l�extr�mit� de SSC2p. En cons�quence, IGF2 est consid�r� comme un candidat positionnel pour le QTL � l�extr�mit� distale de SSC2p. Ses effets sur la masse musculaire et le d�p�t de gras sont majeurs et de la m�me amplitude que ceux connus pour le g�ne Halothane (g�ne pour le r�cepteur 1 de la Ryanodine). Deux loci expliquent conjointement 50% de la diff�rence entre Pi�train et Large White pour la muscularit� et l�adiposit�. Cependant, aucune interaction n�a �t� d�montr�e entre le QTL de la r�gion d�IGF2 et le locus Halothane. Par analyse de s�quence, Nezer et al. (1999) ont trouv� une mutation sur un nucl�otide, une transition de G vers A dans IGF2, qui augmente le rendement en maigre jusqu�� 2,7% (Meadus 2000).

 

Les QTL aux sites IGF2 et FAT1 sur le chromosome 4 (Andersson et al. 1994) sont les deux QTL aux effets les plus importants sur la composition corporelle et l�adiposit�, en s�gr�gation dans le croisement sanglier-Large White. Le QTL dans la r�gion IGF2 contr�le surtout la masse musculaire, tandis que FAT1 a des effets majeurs sur le d�p�t de gras (Jeon et al. 1999). Les deux QTL expliquent 33,1% de la variance du pourcentage de viande maigre et d�os au niveau du dos, et 26,2% pour l��paisseur moyenne de gras dorsal.

 

D�apr�s Sheller et al. (2002), IGF2 explique 25% de la variabilit� ph�notypique du pourcentage de viande maigre dans les croisements exp�rimentaux. Cependant, il n�influence ni la croissance ni le pH de la viande. Lee et al. (2001) ont test� l�existence du QTL avec effet d�empreinte de la r�gion d�IGF2 � partir d�une population F2 de 512 porcs issus du croisement entre les races Berkshire et Yorkshire. Leurs tests d�hypoth�se ont confirm� que la r�gion du g�ne IGF2 est soumise � un ph�nom�ne d�empreinte et abrite un QTL important pour la muscularit� et le d�p�t de gras. Le test a atteint le seuil de haute significativit� pour l�ensemble du g�nome, (p<0.01) pour l��paisseur moyenne de gras dorsal et la surface de l��il de longe. Les all�les favorables provenant de la race Yorkshire, quand ils sont transmis par le p�re, r�duisent l��paisseur moyenne de gras dorsal de 0,1 cm et augmentent la surface d��il de longe de 1,0 centim�tre carr�, compar�s aux all�les Berkshire.

 

Le microsatellite IGF2 s�est av�r� �tre hautement polymorphique, avec trois all�les chez les deux fondateurs sangliers et deux autres all�les chez les huit fondateurs Large White. (Jeon et al. 1999). Ce polymorphisme �lev� fournit un bon potentiel pour l�am�lioration du rendement en maigre des carcasses de porcs par la s�lection.

 

Un �tude r�cente de Laere et al. (2003) a rapport� qu�une transition de G vera A dans le g�ne IGF2 est la mutation causale associ�e aux effets quantitatifs. Cette mutation r�gulatoire sur un seul nucl�otide dans le g�ne IGF2 ajoute 3 � 4% de viande maigre suppl�mentaire chez les porcs. Le lien entre la mutation et le ph�notype d�sir� est de 100%, ind�pendamment de l�origine g�n�alogique (Buys 2003). Ceci permet de s�lectionner pour l�adiposit� des carcasses directement au niveau de l�ADN.

 

Utilisation du g�ne IGF2 en s�lection porcine

Les recherches en cartographie g�n�tique ont clairement indiqu� l�effet important du QTL au g�ne IGF2 sur la masse musculaire et le rendement des carcasses. Ce QTL a des implications pratiques importantes pour l�industrie porcine parce qu�il est soumis � un effet d�empreinte et qu�il a des effets importants sur le rendement en maigre.

 

Utilisation pour l�uniformit� : Le g�ne IGF2 a une expression seulement paternelle. Les g�nes provenant des verrats devraient s�exprimer pleinement chez les descendants, quel que soit le g�notype des truies. De plus, ce QTL a un effet important sur la teneur en viande maigre de la carcasse. L�utilisation de verrats terminaux homozygotes pour produire des porcs commerciaux devrait permettre d�augmenter l�uniformit� de l�adiposit� des porcs, car un verrat, surtout utilis� en IA, peut produire un grand nombre de descendants, et le g�notype IGF2 des truies ne causera pas de variation ph�notypique chez les descendants.

 

L�utilisation du g�ne IGF2 pour accro�tre l�uniformit� du rendement en maigre des porcs n�est pas qu�un argument th�orique. Il a �t� confirm� par des exp�riences de s�lection r�elles. Par exemple, des verrats terminaux homozygotes pour l�all�le favorable du g�ne IGF2 ont �t� s�lectionn�s par Gentec (Sheller et al. 2002) et un essai terrain a �t� r�alis� avec ces verrats afin de savoir si le g�ne IGF2 peut �tre utilis� dans les programmes commerciaux en vue d�augmenter l�uniformit� de porcs commerciaux sans influencer la qualit� de la viande. Dans cet essai les porcs issus des verrats s�lectionn�s �taient plus maigres et plus uniformes que ceux issus de verrats non s�lectionn�s. L��paisseur de gras dorsal �tait r�duite de 2,3 mm (0,09 pouces). Le pourcentage moyen de viande maigre, de jambon et de longe �tait sup�rieur de 1,98%, 0,31% et 0,43%, respectivement. La variabilit� de ces caract�res �tait r�duite de 25% en moyenne. Par rapport � la moyenne du top 25% de l�abattoir, les porcs issus des verrats s�lectionn�s �taient plus maigres. La diff�rence s��levait � 0,64% pour le rendement en maigre, 0,39% pour le pourcentage de jambon et 0,43% pour le pourcentage de longe. Les crit�res de qualit� de viande tels que le pH 24h et la couleur de la viande, ont �galement �t� compar�s. Les porcs issus de verrats s�lectionn�s ou non s�lectionn�s avaient la m�me valeur de pH (5,77 � 5,78 mesur�e apr�s 24h) et de r�flectance Minolta (44,57 � 43,08), dans la gamme optimale. L�analyse a montr� que la s�lection de verrats terminaux homozygotes pour l�all�le favorable du g�ne IGF2 conduisait � des carcasses plus maigres et plus uniformes chez les porcs commerciaux, sans influence sur la qualit� de viande.

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Am�lioration de la long�vit� des truies : La long�vit� des truies (ou dur�e de vie reproductive) est, dit-on, influenc�e par la s�lection g�n�tique contre l�adiposit�. Certaines �tudes (ex: Brisbane et Chesnais 1996; Stalder et al. 2001) ont montr� l�association entre l��paisseur de gras dorsal et la long�vit� des truies, d�finie comme le nombre de port�es produites par la truie au cours de sa vie. En outre, le d�p�t de gras corporel est n�cessaire afin de soutenir les performances de reproduction des truies, par exemple pour fournir une production laiti�re ad�quate et pour �viter les pertes de poids trop importantes (Ranford et al. 1994).

 

La s�lection pour des carcasses plus maigres r�clam�e par les abattoirs et les consommateurs va peut-�tre � l�encontre de la long�vit� des truies en production porcine. Le g�ne IGF2 fournit une possibilit� de r�soudre cet antagonisme. Le m�canisme de l�empreinte de ce g�ne majeur pourrait �tre utilis� pour produire des porcs commerciaux ayant un niveau voulu de rendement en maigre, � partir de truies plus grasses puisque seuls les all�les favorables provenant des verrats homozygotes pour IGF2 s�expriment chez les descendants. Les truies peuvent donc �tre plus grasses.


 

Rf�rences

Andersson L., Haley C.S., Ellegren H., Knott S.A., Johansson M., Andersson K., �� Andersson-Eklund L., Edfors-Lilja I., Fredholm M., Hansson I., Hakansson J., Lundstrom K., 1994. Genetic mapping of quantitative loci for growth and fatness in pigs. Science 263, 1771-1774.

Andersson-Eklund L., Marklund L., Lundstrom K., Haley C. S., Andersson K., 1998. Mapping quantititative trait loci for carcass and meat traits in a Wild boar x Large �� White intercross. J. Anim. Sci. 76, 694-700.

Brisbane J., Chesnais, J., 1996: Relationship between backfat and sow longevity in � Canadian Yorkshire and Landrace pigs. Proc. NSIF meeting. www.nsif.com.

Jeon J., Carlborg, O., Tornsten, A., Giuffra, E., Amarger, V., 1999: A paternally expressed QTL affecting skeletal and cardiac muscle mass in pigs maps to the IGF2 locus. Nat Genet 21, 157-158.

Sheller, K., Mitchell B., Buys N., 2002. Marker assisted selection for the IGF2-II �� polymorphism increases uniformity of hogs NSIF proceedings

Van Laere A. S., Nguyen M., Brauschweig M., Nezer C., Collette C., Moreau L., Archibald A. L., Haley C. S. Buys N., Tally M. Andersson G., Georges M., Andersson L., 2003. A regulatory mutation in IGF2 causes a major QTL effect on muscle growth in the pig. Nature 425: 832-836.

Lee H. K., J. C. Dekkers, R. L. Fernando and M. F. Rothschild., 2001: Evidence of paternal imprinted QTL around IGF2 in a Berkshire-Yorkshire Cross. Proc. NSIF meeting.

Meadus, W. J., 2000. What�s new in swine molecular biology. In: Swine genetics for 2000 and beyond: the new way or the old way, Canmore, Alberta.

Nezer C, Moreau L, Brouwers B, Coppieters W, Detilleux J, Hanset R, Karim L, Kvasz ��� A, Leroy P, Georges M. 1999. An imprinted QTL with major effect on muscle mass and fat deposition maps to the IGF2 locus in pigs. Nat Genet. 21:155-6.

Ranford J. L., Revell, D. IK., Mullan B. P., William I. H. Toussaint J. K., 1994: Milk yield, but not milk composition, may be influenced by body fatness in primiparous sows. J. Anim. Sci. Abstract. 72, Suppl.1:389.

Stalder K. J., Saxton A. M. Conatser G. E., 2001. Growth and compositional effects on sow productivity traits in purebred Landrace swine. Internal report, University of Tennesse.